Des drames, des voix, du cinéma

Musical workComposerDate of performancesCityCompany
Les contes d'HoffmannOffenbach10/12/2019 - 02/01/2020BruxellesLa Monnaie/De MuntView performance details
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Pour "Les Contes d'Hoffmann"dirigés par Alain Altinoglu et mis en scène par Krzysztof Warlikowski à La Monnaie à Bruxelles, trois mots sont les bienvenus pour annoncer un commentaire en nuances contrastées

Des drames! Le poète romantique Hoffmann fait revivre trois figures de femmes qui ont désespéré: Olympia, la poupée qui finit désarticulée, Antonia, la chanteuse mourant de son chant, Giulietta, la courtisane qui lui dérobe son reflet. Le voilà tout aussi incapable d'aimer celle à laquelle il aspire, la diva diva Stella. Il est accompagné-secondé par Muse, mais sans cesse contré successivement par Lindorf, Coppélius, le Docteur Miracle et Dapertutto. Oui, comme il le chante, ce qu'il nous a donné à revoir, ce sont "trois drames en un drame".Un chef-d'œuvre de Jacques Offenbach, créé après sa mort en février 1881. Un opéra composite dans une partition en esquisses et pièces détachées, que La Monnaie présente dans une nouvelle édition critique aussi sérieuse que musicalement convaincante.

Des voix! Elles sont somptueuses, puisqu'une belle décision a été prix: confier les trois rôles féminins à une seule chanteuse. Une performance redoutable tant les partitions de chacun d'eux sont aussi envoûtantes que périlleuses.

Du cinéma? C'est Krzysztof Warlikowski, le metteur en scène, qui "fait son cinéma": il installe le public dans un univers hollywoodien kitsch - ou nostalgique - à souhait. En fait, Hoffmann veut faire un film de sa triste destinée. Nous assistons à un tournage dont il est le réalisateur, le preneur de son, l'interprète. Grand écran aussi avec gros plans sur les figures féminines, danseuses en rose (ou hommes travestis en danseuses), confidences des stars, etc. Un deuxième ou un trentième degré? Krzysztof Warlikowski n'est définitivement ni Billy Wilder ni Woody Allen. Ce n'est pas une réussite: cela dilue, cela disperse l'attention. C'est lourd (ah! La pénible cérémonie parodiée des Oscars!), C'est vulgaire (ah! Le tournage d'un film pornographique), c'est finalement très attendu, banal. Heureusement, les sons nous atteignant:

Stéphane Gilbart
(photo Bernd Uhlig)

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