Don Giovanni

Musical workComposerDate of performancesCityCompany
Don GiovanniMozart06/07/2017 - 21/07/2017Aix-en-ProvenceFestival d'Aix en ProvenceView performance details
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La troupe de chanteurs-comédiens a installé ses chariots sur la grande prairie derrière le cimetière. Un tambour, ce matin, sur la place du marché, est venu annoncer que ce soir, au soleil couchant, nous pourrions, dans le rire et l’effroi, vivre la terrible histoire d’un débauché sans foi ni loi, sinon celles qu’il se donne, et sur qui s’abattra inexorablement la foudre divine.

Un opéra-théâtre de tréteaux, c’est bien ainsi que se (re)présente le "Don Giovanni"de Jean-François Sivadier. Un dispositif, une façon de faire qui le caractérise et qui renvoie ses spectateurs à l’époque (que l’on dit) bénie de ces fictions enfantines auxquelles on croyait d’autant plus qu’on les inventait : "on disait qu’on était"!

Face aux spectateurs qui s’installent, un plateau ouvert, bric-à-brac où sont disposés toutes sortes d’accessoires destinés à la représentation à venir : de grands rideaux, des lampions, quelques pièces de vêtements. Au fond, des tables à maquillage. Les chanteurs-comédiens déambulent, bavardent, nous regardent, font quelques exercices d’échauffement.

La représentation commence et nous voyons ses éléments se mettre en place : c’est un théâtre qui se montre se faisant ! On hisse les lampions, on se cache derrière une bannière, on sort un revolver…
Une approche bienvenue pour ce "Don Giovanni"dont on sait qu’il a été l’objet de tant et tant de spéculations – élucubrations, récupérations, appropriations – en tous genres. Ce soir, braves gens, vous allez vous divertir… tout en recevant quand même, mais au passage, quelques motifs de réflexion.
"Don Giovanni"est, c’est sa qualification, un "dramma giocoso". Cette troupe-là, jusqu’à ses derniers instants, le représente plutôt "giocoso". Et c’est réjouissant.

Les chanteurs sont jeunes encore ; ils ont l’âge de l’impertinence et leur virtuosité rend compte de l’œuvre bien sûr, mais avec une petite distance souriante de celui que les expériences de la vie n’ont pas encore rendu amer ou désabusé. Le spectateur retrouve une âme d’enfant, mais l’amateur d’opéra qu’il est – ou qu’il va devenir – apprécie à leur juste valeur leurs enchantements vocaux. Comme ils sont beaux les airs de Mozart, en eux-mêmes et dans ces interprétations-là.

Cette façon de réinventer un théâtre nomade à la Molière-sur-les-routes est évidemment le résultat d’un remarquable travail d’équipe superbement maîtrisé avec le "magasin aux décors"(Alexandre de Dardel), les costumes (Virginie Gervaise), les lumières (Philippe Berthomé) et particulièrement les maquillages-coiffures (Cécile Kretschmar). Jean-François Sivadier en est le maître d’œuvre scénique. Une fois de plus, il se distingue par son art de la direction d’acteurs, fondant sa représentation sur leurs énergies stimulées, canalisées.

Mais tout cela ne prend réelle vie que grâce à une autre équipe, celle que constituent Jérémie Rhorer et son Cercle de l’Harmonie, sans oublier la belle présence des English Voices.

Stéphane Gilbart
(photo Pascal Victor)

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