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Aix-en-Provence, Il trionfo del tempo e del disinganno, 01/07/2016

Kalîla wa Dimna

Une œuvre inattendue !

"Kalîla wa Dimna"de Moneim Adwan est une commande du Festival, révélatrice des convictions humanistes de son directeur, Bernard Foccroulle.

Cet opéra mêle cultures orientale et européenne : il est chanté et parlé en arabe et en français, interprété par un petit ensemble réunissant des instruments d’ici et de là-bas et superbement dirigé et inspiré par Zied Zouari.

C’est un joli conte qui, sous la forme d’une intrigue de palais (un roi inquiet, une reine mère possessive, un courtisan jaloux et intrigant, un poète généreux) et les échos d'une fable, démontre notamment et exalte le pouvoir des mots quand l’art s’en empare.

Scéniquement économe (des praticables, quelques beaux objets significatifs : de petites sculptures animalières, un livre "pop-up", des jeux de lumières nuancés), cette œuvre s’impose par sa fraîcheur, sa naïveté (au sens noble du terme), son message.

Pour le "spectateur traditionnel", c’est une excursion lyrique bienvenue dans d’autres rythmes et tonalités.

A la fin de la représentation, le public, magnifiquement hétérogène dans ses origines et ses générations rassemblées, crie sa joie.

Pari gagné pour Bernard Foccroulle !

Stéphane Gilbart
(Photo Patrick Berger / Artcomart)