La clemenza di Tito

Musical workComposerDate of performancesCityCompany
Z mrtvého domuJanáček15/11/2017 - 02/12/2017ParisOpéra National de ParisView performance details
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En 1997, le metteur en scène allemand Willy Decker est à l’affiche de l’Opéra de Paris pour une "Clémence de Titus", grandement saluée. Vingt ans plus tard, sa mise en scène est de nouveau reprise, comme elle l’a déjà été en 2011 et en 2013. Ces reprises sont bienvenues dans la mesure où elles sont des "sessions de rattrapage"pour ceux qui avaient raté les premières représentations, de belles occasions pour d’autres, notamment les plus jeunes, de vivre personnellement ce qu’ils entendent raconter, ou tout simplement, pour ceux qui y étaient, de revivre des moments heureux. De plus, la longue série de représentations prévues cette fois - quinze, jusqu’à la Noël – limitera les traditionnelles frustrations d’amateurs d’opéra souvent confrontés à quelques dates vite affichées complètes.

La réussite de Willy Decker tient en quelques mots : sobriété, pertinence, cohérence, fluidité, légèreté. Comment donner à partager ces moments où Titus, couronné empereur parce qu’il a accepté d’éloigner définitivement cette Bérénice qui l’aimait tant, qu’il aimait tant, doit faire face à des situations nées de la nécessité pour lui d’un nouveau choix amoureux. Servilia ? L’amour la lie à Annio. Titus comprend. Mais ce premier choix a suscité la colère vengeresse de Vitellia, la fille de son rival Vitellius, qui veut être impératrice et qui va pousser au complot meurtrier Sesto, qui l’aime tant, mais qui est aussi l’ami de Titus. Il y aura des renversements de situation. Le tout se conclura évidemment par "la clémence de Titus"!

Sur le plateau, de grandes parois de marbre, inclinées, séparées : le pouvoir vacille ? Au centre, un immense bloc dont peu à peu, au fil des scènes, va se dégager, immense, un buste impérial. C’est grandiose, c’est judicieux. Dans cet univers plutôt gris clair, une tache de couleurs a son rôle à jouer : celle des roses rouges qui passent d’une main de femme à une autre. Fil rouge de la représentation bien sûr. Il y aura aussi un couteau (celui du complot), une plume d’oie (celle de la sentence), une corde (celle du châtiment). Pertinents également les vêtements, dont les couleurs, noires, jaunes notamment, manifestent les évolutions en cours. Le choeur (un peuple prêt à condamner sans pitié, lui) est superbement caractérisé dans ses apparences obscures (robes à crinoline, coiffures extravagantes). Malgré le mécanisme systématique de l’opera seria – les fameuses reprises des airs da capo -, tout cela s’enchaîne en toute fluidité.

Il est vrai aussi que les interprètes ont la légèreté bondissante de leur jeunesse apparente. Stimulés par pareille mise en mouvement, ils peuvent donner le meilleur d’eux-mêmes. L’Orchestre de l’Opéra de Paris, lui aussi, est stimulé, par son chef, Dan Ettinger

Stéphane Gilbart
(photo Sébastien Mathé / Opéra National de Paris)

La clemenza di Tito

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