La Damnation de Faust

Musical workComposerDate of performancesCityCompany
La Damnation de FaustBerlioz25/01/2017 - 05/02/2017LiègeOpéra Royal de Wallonie - LiègeView performance details
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"Une légende dramatique": une appellation qui caractérise bien un problème récurrent. En effet, c’est en ces termes que Berlioz lui-même qualifiait cette "Damnation de Faust"créée sans grand succès le 6 décembre 1846 à l’Opéra-Comique à Paris. Une appellation qui soulignait immédiatement qu’elle n’est sans doute pas "un vrai opéra"à mettre en scène sur un plateau.

Et pourtant… Depuis sa création scénique à Monte-Carlo en 1893 – Berlioz était mort en 1869 – nombreuses ont été et sont les tentatives de mise en scène de l’œuvre, avec des fortunes diverses. Comment en effet donner vie scénique à ce qui apparaît comme une suite de séquences statiques ; la progression dramatique étant en quelque sorte confiée à des épisodes purement orchestraux. De plus, le risque est réel de voir les états d’âme exprimés dans le chant occultés par l’agitation de leur mise en espace sur un plateau.

Ruggero Raimondi n’échappe pas à cette "damnation". Il projette sur une immense toile en bord de scène des images évocatrices : la "grande guerre", la maison de Marguerite, des arbres, la lune, des chevaux au galop, des squelettes. Un choix scénographique qui m’a personnellement posé un problème dans la mesure où cet écran, qui ne disparaîtra pas, installe définitivement le spectateur à distance de ce qui se joue de l’autre côté, dans la mesure où il atténue les perceptions sensorielles, visuelles et auditives. C’est comme si on découvrait l’œuvre derrière une fenêtre. On est finalement plongés dans un univers en demi-teintes. Ce qui a des conséquences sur le travail orchestral : le soir où j’y étais, j’ai eu l’impression que Patrick Davin se retenait afin de ne pas déséquilibrer la relation voix-orchestre.

Il a cependant donné belle vie à ces moments purement instrumentaux qui, se libérant de l’œuvre, vivent d’ailleurs leur propre vie indépendante dans les salles de concert. Je saluerai notamment les interventions du cor anglais dans son si beau dialogue avec Marguerite. Quant aux interprètes, là derrière l’écran, ils m’ont semblé davantage exposer leurs situations et états d’âme que les vivre réellement.
J’ajouterai que pour moi, le livret de cette "Damnation"n’est pas l’approche la plus interpellante, la plus bouleversante du mythe faustien.

En conclusion, on se dit que, pour cette "légende dramatique", les oreilles suffiraient : la musique de Berlioz est récit, états d’âme, émotions. Elle offre au spectateur un champ immense de connotations personnelles, elle le laisse libre d’inventer lui-même les formes et les contours de cette tragique histoire.

Stéphane Gilbart
(photo Lorraine Wauters - ORW)

La Damnation de Faust

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