La finta giardiniera

Musical workComposerDate of performancesCityCompany
La finta giardinieraMozart20/03/2013 - 22/03/2013LuxembourgThéâtres de la Ville de LuxembourgView performance details
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Ce fut un ravissement l’été dernier, au Festival d’Aix-en-Provence : à quelques kilomètres d’Aix, au bout d’une route en terre battue, un immense parc au milieu duquel s’élève une vieille bastide plutôt délabrée. Le lieu idéal pour une représentation de La Finta Giardiniera – la Fausse Jardinière, le huitième opéra d’un jeune Mozart qui va juste avoir dix-neuf ans.

Ne nous risquons pas à rendre compte de ses péripéties, c’est un labyrinthe narratif. Sachez simplement que la marquise Violante Onesti a été laissée pour morte par son fiancé le comte Belfiore, à la suite d’une violente querelle suscitée par la jalousie de ce dernier. Elle s’est enfuie et est venue se réfugier, sous le nom de Sandrina, prétendument jardinière, dans le domaine du Podestat Don Anchise, avec son domestique Roberto devenu Nardo. Chassés-croisés, quiproquos, imbroglios ! Mais finalement, chacun de tous ceux qui ont investi le domaine trouvera sa chacune : Violante-Sandrina et Belfiore réconciliés, la fière Arminda et le longtemps désespéré Ramiro, la servante Serpetta et Nardo. Tous, sauf un… le Podestat, bien décidé à se marier lui aussi… quand il aura enfin trouvé “sa jardinière” !

Toute cette “course d’obstacles” vers l’autre est évidemment très “opera buffa”. N’empêche, plusieurs de ses épisodes sont plutôt “seria”, et cet opéra peut apparaître comme une esquisse aux traits déjà assurés du “dramma giocoso” si caractéristique du grand Mozart. Les personnages-marionnettes de la comédie amoureuse apparaissent alors comme des êtres humains complexes, avec leurs aspirations, leurs inquiétudes, leurs frustrations, leur solitude.

Cet été, un des bonheurs de la soirée était le lieu de la représentation. La scène, adossée à la bastide, sans cloisons, ouvrait sur le parc. Au début de la représentation, le soleil était toujours là, juste au-dessus des grands arbres. Peu à peu, l’obscurité se faisait, dans une incroyable symphonie de couleurs. Les personnages se découpaient sur ce décor naturel-là.

Au Grand Théâtre de Luxembourg, Vincent Boussard, le metteur en scène, et Vincent Lemaire, son habituel complice scénographe, ont trouvé les moyens de recréer pareille atmosphère champêtre avec un rideau fleuri et quelques projections vidéo. Ils ont privilégié également une certaine simplicité décalée, “non naturelle” donc : les vêtements sont très “typiques” (des bottes en caoutchouc et une robe en plastique vert pour la jardinière, une “grande tenue d’apparat” pour la fière Arminda) ; des fleurs artificielles et lumineuses sont montées sur une demi-sphère qui les laisse basculer ; un tuyau d’arrosage très jaune se charge de toutes sortes de significations…).

C’est le très justement mozartien Cercle d’Harmonie, dirigé par Andreas Spering, qui donne vie à ce qui est donc finalement bien plus qu’une commande pour le carnaval de Munich. Et quelle inventivité savoureuse dans le pianoforte de Frank Agsteribbe.

Quant aux interprètes – issus pour la plupart de cette pépinière qu’est l’Académie européenne de musique, le beau projet “éducatif” du Festival -, ils ont l’entrain de la voix et du jeu qui convient, dans les galopades de la comédie comme dans les élans du cœur.

Stéphane Gilbart

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