La forza del destino

Musical workComposerDate of performancesCityCompany
La forza del destinoVerdi12/10/2013 - 18/10/2013LuxembourgThéâtres de la Ville de LuxembourgView performance details
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Ces années-là qui suivent " Un Bal masqué ", Verdi a envie d’autre chose ! Et le voilà, en 1861, élu député de la toute jeune Italie. Ira-t-il dorénavant lutter au perchoir de l’Assemblée pour imposer ses idées quant à la régulation des crues du Pô, à la politique agricole ou à celle de l’enseignement ?

Mais une lettre lui arrive, de Saint Pétersbourg, l’invitant à venir " ajouter un autre diamant à la superbe couronne de [ses] opéras " ! Il accepte. Et finalement, après un projet " Ruy Blas " refusé par la censure impériale, c’est une pièce espagnole à succès qui est choisie comme source d’inspiration : " Don Alvaro ou la force du destin ".

L’opéra, au livret plus que compliqué (" d’une absurdité tout à fait remarquable " écrit même Pierre-Jean Rémy), éminemment " mélo ", est créé là-bas le 10 novembre 1862. C’est un succès. Mais Verdi, insatisfait de son œuvre, en proposera une autre version pour la création italienne, à La Scala de Milan, le 27 février 1869.

Leonora et Alvaro s’aiment. Le père de la jeune femme, qui s’oppose à cet amour, est tué accidentellement par Alvaro. Carlo, le frère de Leonora, jure vengeance et se lance à la poursuite des amants – malheureusement séparés dans les péripéties de leur fuite. Leonora se retire dans l’ermitage d’un couvent. Sur un champ de bataille en Italie ( !), le frère et l’amant, les deux ennemis donc, se sauvent la vie, en toute ignorance de leurs identités… Mais le " destin " finira par les réunir tous les trois, tragiquement…

C’est la version de Saint Pétersbourg qu’a choisie l’Opéra des Flandres pour cette production confiée à Michael Thalheimer. Une version nordique beaucoup plus âpre : les trois personnages principaux meurent !

Très souvent, les représentations de cet opéra sont " hautes en couleurs ", les metteurs en scène abusant de cette " illusion du réel " que leur fournit notamment l’abondance contrastée des lieux de l’action (un château, une auberge, un monastère, un champ de bataille, un ermitage dans une montagne sauvage).

Michael Thalheimer, lui, a voulu se dégager de l’atmosphère éminemment mélodramatique induite par pareille vision : préférant la version de Saint Petersbourg, il a voulu la rendre essentiellement tragique, la focalisant sur l’emballement de la tragédie, " la force du destin " ! C’est donc dans un décor abstrait qu’il en a situé les péripéties. Au fond de la scène va apparaître un immense objet métaphorique, une épée-croix. Le choeur occupe le plateau, devenu réellement acteur essentiel dans la façon dont il fait voir et entendre, symboliquement, dans ses attitudes et dans ses réactions, la tragédie en cours. Et les images alors sont de celles qui " impressionnent " !

Chacun des interprètes se met à l’unisson de cette vision définitivement sombre – même Fra Melitone, souvent si drôle ailleurs, est sous le poids de la tragédie exacerbée. Quant à Preziosilla, la cantinière gitane, elle voit son rôle accru, devenue réelle agent du destin !
C’est l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg qui, dirigé par Erik Nielsen, donne vie à une partition dont certaines pages (notamment ces airs où la voix est accompagnée par un instrument solo) réalisent le merveilleux paradoxe de l’horreur sublimée par la beauté qui l’exprime.

Stéphane Gilbart
(Photo Annemie Augustijn)

La forza del destino

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