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Lyon(Opera), Le Rossignol, 22/04/2012

Le Rossignol

C'est par un " Ragtime " délicatement ciselé dans le systématisme de sa progression rythmique que s'ouvre la porte d'un monde magique.
Se succéderont ensuite " Trois pièces pour clarinette seule ", la délicate alacrité espiègle, confiées un clarinettiste-moujik. Des berceuses, des poèmes, des chants et " Renard " proposeront alors le raffinement souriant de leurs mélodies et les surprises conjointes de leurs illustrations scéniques. Des illustrations scéniques dont un des charmes est d'être fabriquées en direct. Des ombres chinoises et des danseurs acrobates !
Quant au " Rossignol ", dont le chant avait ému aux larmes un terrible Empereur, le voil absolument fâché que cet Empereur lui préfère un oiseau mécanique. Il le laisse aux prises avec la Mort. Une décision sans appel ? C'est sur un vrai plan d'eau, en parfaite conformité avec la fable, que tout va " se jouer ". Il y aura des barques, des canards, d'étranges dragons marins ou encore le spectre de la Mort et ses funestes acolytes. Des marionnettes et des chanteurs-manipulateurs scaphandriers !
Une merveilleuse magie scénique donc, due Robert Lepage. Mais la magie musicale est incontestable elle aussi avec les musiciens et le chœr de l'Opéra national de Lyon installés sur le plateau.
Comme elles sont vraies les illusions de ce merveilleux voyage ailleurs, si loin dans le temps et dans l'espace, mais si près pourtant, au plus profond de chacun.


Stéphane Gilbart