Otello

Musical workComposerDate of performancesCityCompany
OtelloVerdi16/06/2017 - 29/06/2017LiègeOpéra Royal de WallonieView performance details
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A l’Opéra de Liège, "Otello", la dernière proposition de la saison nous vaut le temps et le plaisir des retrouvailles !

Très souvent en effet, assister à un opéra, c’est d’abord être confronté aux trouvailles évidemment géniales d’un metteur en scène et de son scénographe. Les yeux sont interpellés, pour le meilleur et pour le pire ! Bousculades chronologiques, traitement physique des personnages, réalisme particulier, images projetées, etc.

Mais il existe des metteurs en scène qui ont, ce que j’appellerais, l’élégance de la présence discrète et significative. Ils ne se mettent pas en avant : ce n’est d’ailleurs pas leur nom qui nous viendra à l’esprit quand nous évoquerons plus tard leur production, mais bien l’œuvre et l’un ou l’autre de ses interprètes.
Ainsi en va-t-il avec Stefano Mazzonis di Pralafera ! Ainsi en va-t-il avec l’"Otello"qu’il nous propose ces jours-ci dans sa belle maison de Liège. Pas d’esbroufe ni de tape-à-l’œil. Il s’agit de dire où l’on est et dans quel contexte, il s’agit de caractériser rapidement mais réellement les protagonistes, et de les mettre en place et en action de façon telle que les yeux complètent – et non conditionnent – la compréhension.

Grâce à l’approche de Stefano Mazzonis, rien ne s’interpose entre nous et le déploiement de l’infernal stratagème de Iago, la descente aux enfers de la jalousie d’Otello, le calvaire de Desdémone, et surtout la si belle partition de Giuseppe Verdi.

Une fois de plus, nous ne pouvons qu’être émerveillés des qualités du livret d’Arrigo Boito, dont certains ont été jusqu’à dire qu’il était meilleur que le Shakespeare qu’il transcrivait. Je n’en prendrai pour seul exemple que ces baisers contrastés qui concluent le premier acte et le quatrième acte, ou encore l’effrayant monologue blasphématoire de Iago.

Mais ce qui magnifie tout, et qui fait effectivement que l’œuvre est pour nous plus forte que la pièce de Shakespeare, c’est la partition, chant et orchestre. Comme elle dit les doutes d’Otello, sa jalousie naissante et croissante, sa fureur, sa douleur extrême ; comme elle dit les turpitudes de Iago (ah ! son fameux "Credo"), comme elle dit la beauté morale de Desdémone (ah ! l’air du "Saule"et l’"Ave Maria"). Comme ses thèmes nous séduisent d’abord, nous alertent ou nous émeuvent ensuite à propos de ce qui va advenir ou qui est advenu. Comme elles sont judicieuses les interventions d’un instrument (violoncelle, hautbois, harpe) en si intense dialogue avec une voix.

Oui, avec cet "Otello", j’ai eu le temps et le plaisir des retrouvailles. D’autant que la distribution retenue magnifie l’œuvre.

Mais cet "Otello"est aussi le moment d’un "au revoir"à Paolo Arrivabeni, le chef, qui quitte sa fonction de directeur musical après neuf saisons d’un excellent travail – 25 productions, 190 représentations. Grâces lui soient rendues et que belle soit la route qu’il va dorénavant emprunter !

Stéphane Gilbart
(photos Lorraine Wauters – Opéra Royal de Wallonie)

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