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Aix-en-Provence, Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny, 06/07/2019

Un déferlement

Pour mettre en scène l’épopée de "Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny"de Kurt Weill et Bertolt Brecht Ivo van Hove, Ivo van Hove n’a pas hésité à en rajouter. L’œuvre, qui développe ce que son titre annonce, abonde en effet en protagonistes et en comparses : huit personnages principaux, six personnages féminins nécessaires à l’atmosphère générale de dépravation, et un chœur bien fourni. Van Hove leur a adjoint quinze figurantes et figurants. Et surtout, il recourt à toute une panoplie de procédés techniques. De la vidéo traditionnelle, omniprésente, à des séquences de "capture-motion"(des personnages réels sont filmés devant un fond vert. Sur un écran, ils apparaissent incrustés dans un décor). Il faut évidemment maîtriser tout cela, ce qui n’est pas sans difficulté : technique, comme l’autre soir où un écran s’est montré réticent, ou de fluidité des déplacements et des enchaînements. Mais c’était une toute première.

On retiendra, dirigés par Esa-Pekka Salonen à la tête du Philharmonia Orchestra, la superbe prestation des solistes et celle d’un chœur Pygmalion tout aussi à l’aise dans ce Weill que dans le "Requiem"de Mozart.

Stéphane Gilbart (photo Pascal Victor)